Notre parcelle expérimentale à São Tomé

Dans ma logique de commerce équitable, je souhaite permettre aux producteurs de la CECAB (Coopérative d’Exportation de Cacao Biologique) d’améliorer leurs méthodes de culture afin d’augmenter leurs rendements et, de fait, leurs revenus.

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Vue sur les parcelles pilotes

São Tomé et Principe que l’on surnomme si joliment « l’Ile Chocolat » fut au XIXème siècle l’un des plus gros producteurs de cacao au monde. C’est en 1822 que les colons portugais quittent le Brésil pour rejoindre São Tomé & Principe en apportant avec eux les richesses du nouveau monde et des cacaoyers.  Les bienfaits de la terre et les conditions climatiques particulièrement favorables de l’île ont permis un développement rapide de la culture du cacao qui culminait en 1913 à 36.000 tonnes.

Au milieu du 20ème siècle, des révoltes éclatent, suivies de répressions et les plantations périclitent rapidement, s’ajoute la réforme agraire des années 1990 qui fut un échec à cause de l’exode rural. Aujourd’hui, l’île ne produit plus que 3000 tonnes de cacao, la productivité est donc un défi majeur pour l’avenir de la filière.

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Il reste encore quelques cacaoyers au milieu des broussailles.

C’est pour aider les agriculteurs de la CECAB à cultiver mieux et relancer la production que je me lance dans ce projet de parcelles expérimentales.  Certes, il y a un gros travail de débroussaillage et de taille car la moitié des cacaoyers sont en mauvais état. Mais, après avoir replanter, nous mettrons en place de nouvelles techniques de greffages et de taille des arbres. Nous travaillons aussi sur des projets d’irrigation.

Pour mener à bien ma mission, je suis désormais adhérent de la CECAB et j’ai engagé deux salariés. Je me suis aussi entouré des meilleurs partenaires : Gilles ROCHE, ingénieur agronome, Vera CRUZ, le directeur du Centre d’Etude et de Recherche Agroalimentaire et Expérimentale de São Tomé qui supervise les cultures des parcelles, Antonio Dias (DG de la CECAB) et Guy DEBERDT (DG de KAOKA).

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Bernard XUEREF avec l ‘agronome Vera CRUZ

En 2018, je l’ai fait aménager en Agroécologie en développant les méthodes de la permaculture. L’objectif est de prouver que cette méthode sur une parcelle de deux hectares peut permettre l’autosuffisance pour un couple. Le sol de la parcelle est recouvert d’une végétation de dix centimètres d’épaisseur, pour maintenir la fraicheur. Dans cette parcelle vous pouvez cueillir citrons verts, oranges, bananes, noix de coco, pimprenelle à fruit, piment oiseaux, papayes, avocat, jaca, fèves de matabala, safou, micõcõ et fruit à pain. Le couple cultive gingembre, curcuma et manioc. Ils récoltent  les matabalas (pomme de terres) sous les palmiers, dont on extrait le vin de palme (boisson nationale Santoméenne). Les piments oiseaux servent une fois séchés, broyés et mélangés avec de l’eau à traiter contre les cochenilles. L’exploitation de la cacaoyère donne des cabosses qui sont mises en compostage.

 Bernard XUEREF

 

*La CECAB a été créée en 2000 sous l’impulsion de KAOKA et d’Antonio Dias, directeur exécutif de la coopérative et du développement rural. La CECAB développe une agriculture respectueuse de l’environnement avec un cahier des charges BIO EQUITABLE. Elle apporte des appuis techniques et financiers aux 38 associations représentées par 2000 producteurs.